Principaux échanges lors de la remise des Mots d'Or des professionnels et du grand public


Pierre MAES

Ce travail, qui m'a demandé trois ans, a été motivé par une exaspération croissante d’entendre les mots étrangers prononcés de manière ahurissante par un certain nombre de (on disait speakers avant) présentateurs de ia radio ou de la télévision. En particulier, s'agissant d'athlètes ou d'hommes politiques ou de lieux géographiques. Récemment en particulier, pour la Yougoslavie, c'était épouvantable la façon dont ils prononçaient tous les noms de lieux de bataille, à commencer par Sarajevo. Alors cet effort, j'espère que les journalistes à la radio et à la télévision en profiteront et qu'ils se documenteront dans mon ouvrage.

Jean Marcel LAUGINIE

Merci infiniment. Monsieur le doyen VOISIN de l’Inspection générale des lettres de l’Éducation nationale, voulez-vous remettre la médaille du Mot d’Or à Monsieur Pierre MAES. Ah ! Vous vous connaissez en plus ! Le Mot d'Or fait toujours bien les choses.

Le Doyen VOISIN

Écoutez, si on me le permet, je dirais quand même quelques mots sur le travail de Pierre MAES. Nous nous connaissons depuis en effet très longtemps au Ministère de la Coopération, mais Pierre MAES est un des premiers, je crois, dans le Ministère de la Coopération qui se soit intéressé aux langues africaines, et qui ait plaidé avec beaucoup de vigueur pour leur défense, pour leur enseignement, pour qu’on les respecte. Et je crois ne pas être suspect de manquer de patriotisme linguistique étant donné mes fonctions, je suis effectivement un véritable patriote de la langue, mais je pense qu’il n’y a pas de patriotisme de la langue sans le respect du patriotisme des autres et sans le respect des autres langues. Je rends hommage à Pierre MAES pour ce travail qu’il a fait et qui vient vraiment dans la continuité de son action d'autrefois, et comme il est extrêmement malicieux et qu'il ne manque pas d'humour, vous remarquerez qu'il obtient un prix de la francophonie avec un livre où il n'y a que des mots étrangers.

Laurie FABRY, représentée par Marie-Hélène DRUVAUD

Nous vous remercions pour ce Mot d'Or. Nous sommes là aujourd’hui pour parler du nouveau Petit Robert, et je voulais vous dire que le français des affaires a vu son vocabulaire s'accroître, et qu'on a accueilli de nombreux mots nouveaux comme marchandiseur, marchandisage, parraineur, surendetter, et beaucoup d'autres ; que vous trouverez bien évidemment les équivalents en français, par exemple pour "joint venture", vous trouverez un renvoi à coentreprise. Le travail qui a été réalisé dans le nouveau Petit Robert, donc cette refonte, nous a pris cinq ans. Je voulais vous montrer un exemple de cet artisanat de la langue à travers le mot prix, un mot aussi ancien qui a beaucoup évolué. Vous allez trouver un grand nombre de nouveautés dans le nouveau Petit Robert qui reste le meilleur dictionnaire de la langue française.

Jean Marcel LAUGINIE

Merci infiniment. Et nous abordons les Mots d’Or pour les journalistes. Nous appelons Jean-Pierre COLIGNON pour un emploi qui a séduit, nous avons reçu plusieurs lettres à ce sujet, celui de mercatique dans son billet du 15 juin 1993. De plus il y a eu dans le Monde de mardi dernier le traitement d'un terme que nous nous envisagions pour la prochaine coupe du français des affaires pour les élèves et les étudiants pour stimuler leur imagination ; on le retiendra, je pense, quand même, c’est ce fameux "burrowing" ; il y a des journalistes qui vont être félicités tout à l’heure pour "burrowing" justement, mais on ne connaissait pas cette proposition, on ne la connaît que depuis deux jours, de Jean-Pierre Colignon. Je prejère qu'il vienne nous en parler tout de suite et qu'il nous donne, donc, l'équivalent pour "burrowing". Je crois qu’on peut applaudir Jean-Pierre Colignon pour son travail.

Jean-Pierre COLIGNON

Oui, j'ai proposé calfeutrement, qui me semblait bien correspondre à ce qu'on peut appeler en franglais le "super cocooning". Le calfeutrement, c’est-à-dire le repli sur soi-même, dans sa maison, éventuellement avec des armes à la main, etc.

Jean Marcel LAUGINIE

On va demander à Monsieur le Doyen des Lettres de bien vouloir remettre cette médaille.

Le Doyen VOISIN

Je vous remercie de rendre accessible au profane, que je suis, l’économie en langue française.

Jean-Pierre COLIGNON

Ce n’est pas toujours facile parce que, malheureusement, certains journalistes européens adoptent un peu facilement les anglicismes sous prétexte qu'il s’agit d’une langue moderne, jeune, qui répond bien à l'expression des jeunes générations. J'espère que dans dix ans le Mot d’Or sera toujours debout.

Jean Marcel LAUGINIE

C'est la première fois à notre connaissance qu'il y avait un article dans la presse sur "burrowing" et on a voulu saluer son auteur, Clotilde Luce du journal Libération. On va demander à Loïc Depecker de bien vouloir l'accueillir au nom de la Délégation générale à la langue française. Voici le titre dans Libération du ler juillet : "Après la vie en cocon, le refuge dans le terrier", et, en renvoi, il y avait "burrow", "burrowing", avec une définition : terrier, creuser son terrier ; nous avons trouvé ceci très intéressant parce que c'est bien le début de la démarche de recherche d'un équivalent. Donc merci infiniment à Clotilde Luce.

Clotilde LUCE

Je suis très heureuse, merci beaucoup. Je suis très contente, d'autant plus que je ne suis même pas Française, ma langue natale c’est l'anglais ; quand je lis et j'entends "pressing", "lifting", "standing", "jean’s" avec un apostrophe, que ce soit dans la presse ou dans les médias en France, "pin’s" par exemple, j'écoute avec autant d'hésitation que certains d’entre vous. Donc je suis là aussi pour travailler dans l'esprit de l'action pour promouvoir le français des affaires, et aussi défendre la langue anglaise.

Liliane DELWASSE

Oui, je trouve que les journalistes ont bien du mérite à essayer de parler un français correct. Je vais juste vous raconter une petite anecdote. Lorsque nous nous efforçons d'écrire en bon français, on reçoit des lettres de lecteurs disant : "Qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Est-ce que vous ne pouvez pas parler comme tout le monde ?" Merci beaucoup.

Jean Marcel LAUGINIE

Nous honorons également aujourd'hui une revue peu connue, peu connue du grand public, "Le Dévorant". Est-ce que le représentant du Dévorant est là ? Merci infiniment d’être venu ; vous allez nous expliquer ce qu'est votre revue, le travail qui y est fait  c'est d’autant plus touchant que j'ai connu votre revue à travers un monsieur qui était présent ici, sur cette rangée-là, l’an dernier, qui m'avait envoyé une lettre et qui hélas, nous a quittés, je crois, deux mois après, M. Raymond CHERADAME. Votre revue est honorée pour avoir, dans son numéro 133, traité de façon importante des Notes Bleues sur les néologismes et les équivalents officiels.

Raymond BESSON (revue Le Dévorant)

Nous éditons les bulletins trimestriels publiés à 1.500 exemplaires du Cercle littéraire Étienne­Cattin, association des écrivains cheminots. Que l’on ne soit pas surpris que cette association soit aujourd'hui récompensée par l'APFA. Depuis 1966, en effet, la revue Le Dévorant consacre la moitié de ses pages à la défense de la langue française. Le Cercle littéraire Étienne-Cattin est d'ailleurs la seule association de défense de la langue française constituée dans une entreprise, la SNCF en l’occurrence. Pourtant si quelqu'un a été surpris de recevoir ce Mot d’Or de l'APFA, c'est bien moi. Nous avions décidé de circonscrire notre action au monde des cheminots et nous ne nous attendions pas à ce que l'APFA connaisse un jour notre combat.

Si nous avons décidé de ne pas nous développer en dehors du monde des cheminots, c’est pour deux raisons :

- d'abord parce que nous sommes convaincus que les grands effets de manche médiatiques ne remplaceront jamais en matière de défense de la langue française l'action quotidienne, opiniâtre, obstinée de ces combattants du terrain qui se prennent au collet en permanence avec les mots ;

- ensuite, parce que nous sommes persuadés, et nous l'avons dit à tous ceux qui ont une responsabilité dans la défense de la langue française, que cette défense de la langue française doit commencer impérativement dans les entreprises.

En fait, si l'APFA a appris notre combat, c'est je crois, et j'en suis sûr maintenant, par Raymond CHERADAME. Que l’on me permette de remercier ce grand humaniste pour ce cadeau d'outre-tombe. Outre la reconnaissance que je dois à M. LAUGINIE pour la distinction que l’APFA nous a décernée, je voudrais encore dire que mon association est à la disposition totale de tous ceux qui cherchent à promouvoir la défense de la langue française dans leur entreprise. C’est une tâche exaltante, mais on ne le sait pas. Je sais gré à l'APFA de m’avoir permis de m'adresser à vous. Je remets à Monsieur LAUGINIE un dossier complet comportant un an de revues "Le Dévorant", ainsi que divers articles sur notre association. Merci.

Jean Marcel LAUGINIE

J'appelle Yves Collin, de la Nouvelle République du Centre-Ouest, pour un article dans lequel il donne des conseils qui rejoignent notre action.

Yves COLLIN

Merci. Oui il s'agissait en fait d'un très modeste écho, que mes confrères m'excusent, je ne suis pas véritablement journaliste mais homme de publicité. J'ai peut-être un petit peu plus de mérite à maltraiter moins la langue française que d'autres, mais c'est une évidence dans un journal qui est imprimé à Tours dans le Val de Loire où nous sommes réputés parler le meilleur français, le français plus pur.

II s'agissait en l’occurrence d'un supplément à base de publicité de recrutement et de publicité de formation, d'un faisceau de conseils sur l'art de fabriquer son curriculum vitæ et surmonter un entretien d’embauche. Et je disais notamment que ça ne servirait à rien de truffer son CV de mots anglais, pris dans des sens pas tout à fait exacts parfois, et que ça ne trompait pas le recruteur sur la culture du candidat.

Donc j'ai souhaité que ce soit un hommage à mon journal notamment, parce que beaucoup de localiers ont eu l'occasion, Monsieur le Président, de relater telle ou telle de nos interventions en milieu scolaire.

Et puis à titre personnel, je reçois cette médaille, Monsieur le Président, alors que je suis dans la dernière ligne droite d’une carrière qui a commencé par un long apprentissage de typographe, et j'ai en mémoire encore le propos coloré, c'était à Bordeaux, d'un professeur qui s'adressait à nous alors que nous fréquentions les cours de culture générale, mais pas d'enseignement général, dits de la loi Astier, 4 heures par semaine, où nous côtoyions des bouchers, des maçons, toutes sortes de métiers, et évidemment les typographes, c'étaient des gens chez qui il fallait déjà savoir lire, écrire, orthographier correctement. On nous enseignait donc des choses que nous savions déjà, ce qui fait que nous étions un peu chahuteurs et frondeurs, et le professeur nous disait : "Vous autres, les typographes, vous êtes empoisonnants parce qu'à force que la matière grise des autres vous passe à travers les mains (c'était l’époque où avec les lettres de plomb il fallait effectivement pas mal de dextérité manuelle), vous croyez qu'elle vous monte au cerveau et vous prenez une tête comme ça".

J’espère "ne pas avoir pris la tête comme ça" et que cette médaille ne m'y conduira pas ; mais j'accepte ; à travers cela, je rends un hommage à ces métiers merveilleux de l'imprimerie et de la presse qui permettent tous les jours d’enrichir sa culture.

Claude KANNAS

Nous, dans les dictionnaires, nous recueillons bien sûr les mots, nous les enregistrons, nous les regardons, nous en acceptons, nous en transformons lorsqu'il faut les transformer ou nous en rejetons, mais je crois que la chose la plus importante, tous ces mots nous ne les aurions pas s'ils n’étaient pas utilisés dans la communication.

Je tiens à remercier tous ceux qui, par leur pratique au quotidien, à côté des commissions de terminologie, font leur travail, tous ceux qui concourent à apporter la preuve sans cesse renouvelée que le français est une langue intelligente, subtile, créative, et donc bien vivante. Merci beaucoup.

Irma Anne CARZACCHI FONDA, représentée par Pérette-Cécile BUFFARIA

Je suis une collègue de Madame FONDA, je vous demande de l'excuser, elle a été retenue parce qu'elle est à la fois professeur à l'École d’interprètes à Trieste, et à la Faculté d’économie ; elle tenait à vous préciser qu'elle a écrit ce glossaire de la terminologie comptable italo-français dans un souci de précision, car les anglicismes sont un danger autant pour l'italien que pour le français.

Henri CHOPIN

Je vais expliquer quand même ce livre "Les Riches Heures de l’Alphabet". J'ai commencé par les dactylo-poèmes pour chaque lettre, chaque signe, chaque chiffre. Ensuite j'ai écrit des textes pour chaque lettre. Chaque fois avec la lettre mère, par exemple, le plus, le moins, dans le n il y a la noce, mais il y a le néant. Après quoi, j'ai photocopié le tout que j'ai envoyé à Paul ZUMTHOR qui vit à Montréal, et qui, lui, a écrit des textes scientifiques sur les origines supposées de l'écriture. Après quoi, le livre est allé à la Bibliothèque nationale, et pour la première fois aux Estampes. Ensuite, il est parti à Limoges, à Nantes, à Marseille. II part à la Bibliothèque municipale d’Amiens le 6 décembre, et il va passer à Heidelberg. Je prends contact maintenant pour qu’il y ait une version en allemand. Et quant à la mise en page,. merci à Martine SAILLARD.

Marie-Claire GOUSSEAU

À l’association pour la promotion de la langue française dans le monde du travail, l’IPTR, nous travaillons essentiellement à essayer de développer la qualité de la communication à l'intérieur des entreprises. Cela nous mène à des tâches assez diverses, et c'est à la suite de formations que j’ai données à Ouest-France que le journal a accueilli cette idée de faire un jeu qui a eu lieu tout l'été 92 ; l’édition de la Sarthe, qui a été retenue pour le Mot d’Or portait, en effet, sur les mots du français des affaires. Merci beaucoup pour l’IPTR.

Jean Marcel LAUGINIE

Merci infiniment, Monsieur l’Ambassadeur Jacques LEVRETTE, de votre présence ; chaque année, il y avait toujours des difficultés pour qu'on puisse se rencontrer. Cette année, vous êtes honoré, au titre de 1991, pour votre action générale en faveur de la langue française.

Jacques LEVRETTE

Je ne suis pas un spécialiste du mot, je suis plutôt un navigateur. En 1986, j’ai tenté, à la demande du Gouvernement, de lancer une institution qui est maintenant le sommet des pays ayant en partage l’usage du français. Ce bateau, n’a pas coulé, il est maintenant à sa 5ème escale, et je crois qu’on peut avec confiance le voir s’élancer pour un vrai tour du monde. Je suis tout à fait surpris et honoré, ému de recevoir une distinction à cet égard. Oui, j'ai toujours eu beaucoup de retard. Merci en tous les cas de votre patience, merci de votre accueil.

Stélio FARANDJIS, Secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie

Mesdames, Messieurs, il faut que vous sachiez une chose : Monsieur l’Ambassadeur est beaucoup trop modeste. Il sera sans doute un jour à une bonne place dans les livres d’histoire de la langue française et de la Francophonie.

Le Président François Mitterrand lui demanda à la veille du premier sommet : “Que pensez-vous de tout ce qu'on me dit, qu’on m'écrit, sur l'impossibilité de tenir le sommet ?“ Et l'Ambassadeur Leprette lui dit : "Monsieur le Président, je crois que vous avez eu raison de tenir ce sommet, il y a tout lieu de penser qu"il réussira." On peut le remercier.

Chantal DUCHÊNE

Madame la Déléguée générale, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, je suis très honorée que votre association m’ait retenue comme lauréate des Mots d’Or spécialisés au titre de la meilleure communication dans les congrès et les colloques.

- Cette distinction m’est remise, comme on vous l’a dit, pour une intervention en tant que rapporteur général lors d'une conférence organisée en Suisse par l'OCDE et la Conférence européenne des ministres des transports, avec traduction simultanée en français, en anglais et en allemand.

- Aussi, quel ne fût pas mon étonnement durant cette conférence de constater que la plupart des interventions, en particulier celles des orateurs suisses, se faisaient en anglais. Ce qui me paraît le plus grave, c’est que ces interventions, faites dans une langue étrangère, réduisent beaucoup la richesse des propos. L'utilisation de la seule langue anglaise dans les colloques est non seulement préjudiciable à la diversité culturelle, mais conduit aussi à l'appauvrissement de la pensée. Il me paraît pour ma part beaucoup plus fécond de s’exprimer, chaque fois que cela est possible, dans sa propre langue, qui est pour moi le français, en prêtant la plus grande attention à l’emploi des termes dans leur sens juste, et non dans un sens déformé par le jargon professionnel.

- Je crois que dans de, telles conditions, à la fois nous défendons notre propre langue et nous montrons notre respect pour nos interlocuteurs étrangers et les traducteurs. La langue permet, en écoutant mes interlocuteurs étrangers, de comprendre, au travers du maniement de leur propre langue, leur façon de voir les choses. Je suis très frappée de constater que nous ne parvenons pas à traduire en français certaines expressions anglaises. Je ne prendrai ici qu’un seul exemple "sustainable development", expression très utilisée, en particulier à l’OCDE. Nous traduisons en français par développement durable, mais cela ne veut rien dire dans notre langue. Cette difficulté de traduction provient principalement du fait que nous n’avons pas encore beaucoup avancé dans la réflexion sur la préservation de l’environnement pour les générations futures. Quand nous l'aurons fait, nous saurons alors trouver les mots pour le dire.

-  De la même façon, l'apparition d'un nouveau concept chez nos voisins allemands, entraîne la création de mots nouveaux. C’est le cas par exemple pour le mot que je ne saurai pas prononcer en allemand, et que nous traduisons en français par "la ville des courtes distances", faisant ainsi référence à la densité et à la mixité des fonctions urbaines. Là encore ce concept est nouveau pour notre culture urbaine, et nous n’avons pas encore trouvé l’expression qui corresponde à notre façon, à nous Français, d'aborder le problème.

- Pour conclure, je dirai que je suis profondément convaincue que la diversité, sous toutes ses formes, est ennchissante. N'acceptons pas la réduction au plus petit commun dénominateur. Je terminerai ces quelques mots de remerciement, en reprenant la phrase qui a donc retenu votre attention dans mon intervention : nous devons lutter contre toutes les positions hégémoniques, qu’il s’agisse de la place de la voiture dans nos villes ou dans nos vies, de celle des hommes parmi les experts et les décideurs, ou de celle de l’anglais dans les conférences. Merci.

Jean-Pierre LE ROCH représenté par Jean-Pierre ABRIL

Au nom du président Jean-Pierre LE ROCH, je vous remercie. J’ai mes entreprises à Alès, en Cévennes, dans le Gard, et je suis responsable des relations extérieures du groupement des Mousquetaires, et, je suis pour cela deux jours par semaine à Paris.

C’est vrai que M. Besson tout à l’heure a parlé de rigueur du chef d’entreprise. Chez nous ? tout mot anglais est tout à fait interdit, c'est-à-dire que si on pose une question en anglais, Jean-Pierre LE ROCH nous regarde avec des grands yeux, et ne nous répond pas, et avec des yeux tellement étonnés qu'on a vite fait de reposer la question en français. Voilà, alors ça fait vingt-cinq ans que je travaille avec lui, et ça a toujours été de la même façon, et donc même dans les revues internes, que ce soit la lettre envoyée aux 2 000 chefs d'entreprise que nous sommes et aux 70 000 collaborateurs, il n'y a jamais un seul mot anglais dans nos revues. Merci.

Marcel WIESER

Mesdames, Messieurs, lorsqu'il y a un an j’ai décidé de quitter la BRI, la Banque des Réglements Internationaux, après y avoir travaillé pendant vingt-sept ans, j'ai pensé qu'il était bon de faire la somme de mes travaux, et de reprendre le lexique que j’avais fait en 1976, sur les principales expressions utilisées dans le rapport annuel de la BRI, et de faire quelque chose de plus complet, de plus élaboré aussi.

J’ai donc demandé à la Banque, avant de partir, pendant les derniers mois que j'ai passés l’année dernière, de pouvoir me consacrer presque uniquement à l'élaboration de ce glossaire, et je l'ai fait dans l’esprit que ça puisse servir à ceux qui prennent la relève et à tous ceux qui s’intéressent à la traduction.

Donc, c’est une collaboration qui a commencé depuis quelques années déjà, parce que, vous ne le savez sans doute pas, l'essentiel du travail des traducteurs de la BRI c'est le rapport annuel, qui nous prend à peu près deux mois tous les ans ; c'est un travail très difficile. En même temps, nous avons besoin d'aide extérieure, et tous les ans nous avions jusqu’à l'année dernière un traducteur de la Banque de France qui venait nous épauler. M. CICILE est venu à plusieurs reprises, nous sommes devenus amis, et en même temps excellents collègues.

Je tiens à remercier encore deux personnes, c’est M. Louis Truffaut qui est le président de l'École d’interprètes de Genève, qui m'a toujours soutenu et vivement encouragé à faire ce genre de travail, ainsi que M. Paul Coulcoix, mon ancien professeur d'économie politique, que je n’ai pu contacter, car je n'ai appris cette remise qu'il y a deux jours ; je pense qù'il se réjouit parce que non seulement il m'a soutenu, mais nous avons échangé des textes d’ordre terminologique.

Yannick MAZET

Je suis très touché d’avoir reçu ce prix ; je pense que nous n'avons pas tellement l'occasion d’utiliser des anglicismes dans nos brochures, en tout cas je suis directeur de la communication de Sofaris et le mot d'ordre, c'est la clarté, la précision pour ces brochures qui sont destinées à des chefs d’entreprise français. Voilà, merci.

Françoise YGER

Je vais présenter en quelques mots l’IDFAR, qui est un jeune institut, l'Institut du Français des Affaires de Reims. Je voudrais dire combien nous sommes honorés de cette récompense et vous remercier, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, au nom du Conseil d’Administration.

Cet institut a été mis en place en juin 1993, il est tout récent, à l’initiative de la ville de Reims, il réunit les représentants du Rectorat de l’académie de Reims, de l’Université de Reims Champagne-Ardennes, de la Chambre de Commerce et d’industrie de Reims-Epernay et de l’Union patronale, également de Reims. Sa vocation : former des cadres et des chefs d'entreprise étrangers à la langue française des affaires et à la pratique des affaires en France.

Cette ambition est née d'un double constat : le besoin de ces cadres d'appréhender les relations inter-culturelles d'affaires avec des Français dès qu’ils sont amenés à travailler avec eux, personnel des filiales françaises à l'étranger, personnel étranger destiné à être expatrié vers une société française sous tutelle étrangère, cadres étrangers destinés à prospecter, à négocier, ou simplement à étudier des implantations en France, mais aussi fonctionnaires étrangers appelés à coopérer avec leurs homologues francophones. Deuxième constat : la rareté d'une telle formation à l'heure où l'on défend le français en haut lieu, alors que nombre d'anglicismes ont envahi notre langue, je n'ai pas à insister, vous en avez parlé tout à l'heure, justement par le biais des affaires.

Le programme pédagogique de l’IDFAR, sur lequel je ne m'étendrai pas, met en avant ses spécificités sous forme de séminaires et de modules intensifs. Ces prestations sont dispensées par des intervenants issus du monde de l'enseignement et du monde de l'entreprise, chacun y apportant sa spécificité. La caution prestigieuse d'un partenariat exemplaire : en effet, je ne pense pas qu'il y ait en France beaucoup d'exemples de projets réunissant à la fois des personnels de haute qualité de l'entreprise et du monde de l'éducation qui véhiculent une image de grande synergie. Monsieur le Président, aujourd'hui la remise du Mot d’Or 1994 nous conforte dans cette exigence et dans la direction prise, celle d'une action culturelle et économique fortement ancrée dans la volonté de valoriser notre langue. Je vous remercie.

Jean Marcel LAUGINIE

Voici un extrait de la lettre de Marceau DÉCHAMPS, membre de l’APFA, du 28 juillet 1994 : "La copie du dépliant qui m’a été donnée par un responsable d’IBM vous montrera, par son préambule, le souci que prend cette grande société américaine à la préservation de la langue française. Je n'ai pas vérifié les écarts éventuels de traduction avec vos "700 mots d’aujourd’hui pour les affaires", mais le plus important est que l'on note là une volonté de promouvoir le français".

Le préambule est en effet éloquent :

"À IBM France, les termes américains qui émaillent notre langage constituent un véritable jargon parfois difficile à comprendre au sein de la compagnie, plus encore à l'extérieur.

Afin de clarifier le langage, tant à l'intérieur qu'avec nos clients, le comité du vocabulaire publie dans ce mémento une liste non exhaustive de termes courants pour lesquels il propose des équivalents français dont certains émanent d'arrêtés ministériels pris dans le cadre de l'enrichissement de la langue française.

Le bon usage de notre langue étant l'affaire de tous, nous rappelons que le comité a voulu faire de ce mémento une "œuvre commune" en y associant les lecteurs d’À propos dont les commentaires, les critiques et les suggestions ont été largement pris en compte.

Nous souhaitons que cette démarche du comité du vocabulaire et l'intérêt que vous y porterez contribuent à fortifier l'usage du français au sein de la compagnie, respectant en cela les initiatives prises au niveau national dans le cadre de la loi du 31 décembre 1975 relative à l’emploi de la langue française dans les affaires."

Annick GUERNE

Je crois que M. Lauginie souhaitait que cette remise de prix soit une surprise, c’est totalement réussi puisque je ne le sais que depuis quelques heures, donc vous avez gagné.

J’y associe toutes les personnes qui, au sein de ma compagnie, contribuent à l'effort qui est fait en faveur de la défense et de l'enrichissement de la langue française, tant en interne qu'en contribuant aux travaux des commissions de terminologie et d’organismes tels que l’AFNOR.

C'est un combat, si je puis dire, que nous menons depuis très longtemps puisqu'il date de trente ans.

Jean Marcel LAUGINIE

J’aime bien rappeler que la Compagnie IBM, arrivant en France en 1954, a refusé, pour la culture française, d'utiliser le terme de "computer". Le Président s’est adressé à la Sorbonne ; le Professeur Jacques PERRET, au bout de trois mois, a rendu sa copie avec une question en introduction : que pensez-vous d’ordinateur ? La volonté et la puissance d'IBM, comme celles d’Intermarché cité tout à l’heure, ont permis ainsi aux fruits de l’imagination créatrice d’être pérennisés.

La représentante de Mme DELAROCHE

Je vous remercie beaucoup pour ce trophée. J’avoue qu'effectivement nous en avons été informés il y a trois jours, et je ne savais absolument pas quel en était l'objet, parce que nous avons beaucoup de publications et que nous veillons effectivement dans toutes nos éditions à avoir un français excellent et à défendre à la fois la région, puisque c’est le but de la maison, et la langue française.

Je voulais aussi souligner, à travers cette fin de semaine, les efforts de la région justement en matière d’information touristique, de coopération touristique ; cette fin de semaine est une opération soutenue par les fonds européens, qui a été mise en scène avec l’office de tourisme de Lille, la Maison du Nord-Pas-de-Calais et le Comité régional du tourisme ; ces produits-là nous les vendons effectivement à nos partenaires belges, anglais et français, la Maison du Nord-Pas-de-Calais étant le centre d’accueil à Paris.

Alors, au nom de l’équipe, au nom de ma présidente Mme Delaroche, je vous remercie.

Éric CHARNAY

Je tiens vraiment à remercier le comité d’avoir remarqué cette lettre, qui n'est en fait que l'un des reflets de l’action que je mène depuis assez longtemps en faveur de la langue française, au sein d'Électricité de France et et de Gaz de France où je travaille.

Effectivement, j'aurais cru que la tâche serait plus facile, mais manifestement ce n'est pas le cas. il y a effectivement beaucoup d'apprentis manageurs qui adorent le "business to business" pour essayer de développer les ventes. Donc j'ai beaucoup de travail à faire dans ce domaine, et cela me fait très plaisir de recevoir cette récompense parce qu'elle me permettra de pouvoir intervenir dans des réunions en étant plus conforté dans ma démarche, et de me sentir moins seul.

Cette démarche, ce combat, pour moi, et là je retrouve tout à fait ce qui a été dit pendant les interventions, c'est un combat contre la paresse qui consiste à se contenter de reprendre tels quels des termes étrangers sans chercher s'il y a des équivalents ou sans faire un effort de créativité.

C’est aussi un combat contre la paresse qui consiste à se tourner toujours vers le même modèle, le modèle anglo-américain, alors qu'il y a tant d'exemples de gestion qui pourraient être pris en Allemagne ou en Italie, pays qui sont quand même par leur culture peut-être plus proches de nous que les États-Unis.

C’est un combat contre la paresse mais c’est aussi un combat contre la vacuité parce que souvent des termes sont utilisés pour cacher en fait une absence de réflexion.

Christian WALTER

Je vous remercie de m'avoir distingué par cette médaille. Je voudrais simplement faire remarquer qu'il y a un problème qui se pose aujourd’hui en la matière, c'est ce déferlement de vocabulaire scientifique dans les domaines des sciences exactes, et qui actuellement n'a pas d’équivalent en français parce qu’il y a une question de crédibilité de concept.

Je vais prendre deux exemples, brefs puisqu'on m’a demandé d’être bref, je ne prendrai pas la marche au hasard, le premier, c'est en fait ce qu'on appelle en anglais "efficient markets", des marchés efficaces ou "efficients". Alors, en fait, le terme "efficient", en statistiques, depuis maintenant trente ans, est traduit par efficace. On parle d’estimateurs efficaces ("efficient estimators"). Alors, en finances, "efficient markets" a d’abord été traduit par marchés efficaces, et, finalement, en raison des racines latines communes au français et à l’anglais, on s’est aperçu qu'il existe en français un mot qui est les causes efficientes, en philosophie, et donc on est passé du concept de marchés efficaces au concept de marchés efficients. Et donc là il y a un problème qui s'est posé : est-ce qu’on doit dire efficace ou efficient ?

Et on retrouve ce qui avait été dit tout à l’heure, c’est que cela demande en fait un effort de réflexion sur le sens de la formule, et donc de ne pas s'arrêter à la forme de cette formule.

Deuxième exemple : ce qu’on appelle en anglais "contingent assets", actifs contingents. Qu'est-ce qu'un actif contingent ? Là aussi, on pourrait dire, première traduction : un actif conditionnel, autrement dit un actif sur lequel on a une probabilité d'être ou non exercé, exemple une option, actif tout à fait dit conditionnel, mais en fait en français, on s'aperçoit que le terme contingent existe. On pense à la querelle des futurs contingents qui avait animé les théologiens au XIVè siècle à Douvins, et en fait, on peut imaginer qu'on parle d'actifs contingents, dans la mesure où le futur est probable. Donc là aussi deux possibilités : contingent ou conditionnel. Et là encore ce qu'il faut, c’est faire un effort de réflexion sur la signification précise du concept au-delà de la forme apparente qui est retenue par le vocabulaire.

Je pense que ce qui est en cause à chaque fois, c'est en fait une réflexion sur le sens même de la structure verbale, et non pas sur les mots, et c'est pour ça que les traductions automatiques par informatique ne sont pas en fait adaptées, parce que l'informatique traduit la forme, mais non pas le sens. On retrouve la même question dite nominaliste qui avait agité au XIVè siècle les théologiens de l’école de Paris, et cette question du nominalisme en philosophie est une question qui à mon avis devrait réapparaître normalement avec ces effets de traduction, parce qu’en fait le nominalisme s'arrête aux mots. Le nom de la rose, comme le roman bien connu, on ne connaît de la rose que son nom, mais la question est : qu’est-ce que c’est que le sens au-delà de la forme ? Voilà ce que je pourrais juste dire aujourd’hui.

Alain GILLOT-PÉTRÉ

Cité plusieurs fois par Nicole GENDRY qui assure la promotion de la langue française au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), Alain GILLOT-PÉTRÉ était enchanté mais il n'a absolument pas pu se libérer. Voici son premier message sur le répondeur de l'APFA :

Je suis vraiment sur un petit nuage mais je ne pourrai même pas venir dans un courant d'air !

Merveilleux humour de notre spécialiste de la météo !

La représentante de Philippe MEYER

Philippe MEYER est très honoré de recevoir dans un cadre aussi officiel une telle récompense. Il est en même temps très touché de l’ironie qui fait qu'il reçoit cette distinction au milieu de gens aussi sérieux et aussi efficaces.

Je voulais simplement dire que le combat de Philippe Meyer ne s'attache pas seulement à lutter contre l'invasion des termes états-uniens comme il dit ; il lutte aussi contre toute forme de jargon, notamment le jargon d'entreprise, et c'est là son esprit critique ; mais il a aussi cette qualité extraordinaire de transmettre à ses auditeurs le plaisir des mots, le plaisir des textes ; le courrier des auditeurs qu'on reçoit est extraordinaire, les gens font des recherches formidables pour essayer d'inventer des mots, et on sent un plaisir du français qu'il faut vraiment promouvoir. Merci.

Jean-Louis MALANDIN

Je voudrais simplement préciser que je ne suis pas journaliste. J'ai écrit cet article mais je suis professeur de français, et chargé d’étude au Centre International d’Études Pédagogiques de Sèvres. À ce titre donc, j'essaie de promouvoir à ma façon, modeste, la langue française, et il se trouve que je travaille également sur l'élaboration de didacticiels : c'est dans ces conditions-là que j'ai pu proposer un article à la Revue de l'EPI, l’association Enseignement public et informatique.

Je m’inquiétais, d'où le titre en anglais, du fait qu'on ne puisse pas programmer des machines qui véhiculent le mieux la langue, les ordinateurs, sans faire appel à l'anglais. À tel point qu'on peut parfois se demander si le ver n’est pas déjà dans le fruit, c'est-à-dire qu'on ne peut pas manipuler la langue française dans les dictionnaires électroniques sans passer dans les couches très basses par de l'anglais. Je ne sais pas ce qu'on peut faire à ce niveau-là. Merci en tout cas pour cette récompense.

Brigitte AMALVI représentante de Martine O’HANRAHAN

Je vous remercie beaucoup pour cette distinction. Quelques mots très rapides pour présenter l’Institut du Transport Aérien, qui est une association qui favorise la circulation de l'information sur le transport aérien.

Nous sommes honorés aujourd'hui à travers le dictionnaire du transport aérien et à travers la lettre bi-mensuelle d'information ITA Presse ; je dirai que notre spécificité, c'est de défendre la langue française dans un monde qui est quand même à très forte domination anglo-saxonne, et si nous avons pu y contribuer, nous en sommes heureux.

Pierre LASSEGUE

Je suis une espèce rare ici, je suis un vieux professeur de la Sorbonne, et ce que je voudrais dire, c'est qu'il ne suffit pas de lutter pour défendre le français contre l'anglais, il faudrait aussi apprendre à bien parler français. Et quand j'entends l’abominable bouillie pour les chats qu’on nous déverse à la radio ou à la télévision, pas tout le monde heureusement mais beaucoup de ceux qui parlent à la radio ou à la télévision, je me dis qu'après cela il ne faut pas s'étonner si le français renonce et si le français se laisse supplanter par l'anglais. Une langue, c'est une boîte à outils. Les scientifiques ont tendance à considérer que les études littéraires c'est du laïus, et que seules les études de sciences dures, de mathématiques, ont de la précision et de la rigueur ; ce n'est pas vrai, on ne peut pas penser droit si on n'emploie pas les termes justes dans les sciences de gestion, dans les sciences économiques, dans les sciences sociales. Cette 4ème édition du lexique de comptabilité œuvre dans ce sens. Je vous remercie.

Gérard PERROUD

Je serai bref. Je dirai simplement une chose, c’est à l'avenir qu'il faut penser. Si j'ai fait ce livre, c'est à l'usage des générations qui viennent ; si je suis angliciste, et si un angliciste a pris tant d'attention à la langue française, c'est parce que mon vieux professeur d'anglais, qui est responsable de ma carrière d'angliciste, m'a toujours répété : "le premier commandement du traducteur, c'est : tu étudieras sans relâche ta langue maternelle." Voilà.

Pascal CAMBOURNAC

Merci bien. Moi tout d'abord, je tiens à remercier tout particulièrement Loïc DEPECKER, de la Délégation générale à la Langue Française, grâce auquel j'ai pu rédiger cet ouvrage, ainsi que mon éditeur, les Presses de l’Institut du Transport Aérien, et puis ceux qui m'ont sensibilisé à la nécessité de conserver à la langue française son originalité et ses qualités sans pour autant l'empêcher ni de s'enrichir, ni d'évoluer, à savoir mes professeurs, qui sont nombreux dans cette salle : M. Gérard PERROUD et M. Jean-Michel CICILE, qui ont reçu également des prix, qui étaient mes professeurs à l'institut supérieur d’interprétation et de traduction. Merci.

Marie-Micheline SCHECHTER

J'ai été très surprise, j'ai reçu une lettre qui m'a étonnée, cette invitation, et je suis aussi très heureuse non seulement d'avoir reçu cette distinction, mais aussi d'avoir participé à cette journée, d'avoir écouté beaucoup de choses intéressantes ; j'espère aussi pouvoir en retirer des avantages directs pour mon Université, pour mes étudiants.

Je veux dire que c'est très important dans les relations d'affaires internationales d'utiliser le français. Alors, pour pouvoir le faire, disons avec les Allemands, avec les ingénieurs allemands, c'est important de les aider à apprendre le français, et un bon français, aussi il faut nous aider... Il faut dire que j'ai écrit un grand nombre de lettres aux entreprises françaises, et j'ai demandé de la documentation à la Délégation générale à la langue française, et je vois ici deux personnes qui peut-être pourront m'aider. Alors, encore une fois, merci beaucoup. J'ai apporté quelques exemplaires d'une petite brochure de mon Université de KAISERSLAUTERN : mes étudiants par exemple ont des difficultés à faire des stages en France, il faut faire fonctionner des relations personnelles malheureusement, et c'est pour cela, en plus de ce qu'on a dit ici, que j’essaie d'aider mes étudiants à garder des stages en France, donc qui sait ?

Christine VALES

J’ai été très surprise de recevoir votre lettre. Je suis très touchée. J'avais proposé duvetage.

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