ORLÉANS

LE MOT D’OR

Des lycéens et étudiants affairés

278 jeunes, étudiant l’économie et la gestion, ont cogité hier pour promouvoir le français des affaires et développer une pédagogie du mot nouveau.

LOOK cool. Allure pépère. C’est comme on préfère. Hier après-midi, 157 candidats au lycée Voltaire, 61 à Pothier, et 60 à Jean-Zay se sont lancés dans l’aventure du "Mot d’Or". Pas d’affolement. Le côté ludique de ce concours ne leur a pas échappé.

L’édition 1995 proposait aux lycéens et aux étudiants en formation tertiaire, économie et gestion, de trouver le mot ou l’expression dont la définition était donnée, de remplacer par des mots ou expressions français des mots étrangers ou relevant du franglais, d’imaginer des mots nouveaux pour illustrer des concepts, de présenter un projet de création d’entreprise. Pas si simple.

À Jean-Zay, les premières années de BTS assistant de di­rection se sont amusés au premier exercice. "Action de réserver des places en nombre plus important que celui des places disponibles (transports, spectacles)" ? C’est la surréservation. "Partie du revenu non affectée à la consommation" ? Allez, l’épargne. Marchandage, enseigne, rabais, licence : juste de quoi se roder l’esprit.

Deuxième exercice, tête penchée, yeux ronds. "J’ai eu du mal à traduire les mots usuels", expliquera une lycéenne, après l’heure fatidique. Le franglais ou l’anglais, ils connaissent tous. Et de citer chewing-gum, T-Shirt, week-end, Walkman. "On est habitué à les utiliser. Pas question de changer après ce concours !", assurent-ils en chœur, rejetant la loi Toubon. Alors, quand ils doivent traduire un texte sur le Channel, c’est une autre paire de manches. Grill-room et pickles passent encore. Mais marketing-mix, leasing, mail-orders, CD-ROM, c’est nettement plus "hard".

Bimarque

Au troisième exercice, c’est la prise de tête. Imagination indispensable. Comment désigner en français "l’alliance de deux marques ou de deux entreprises pour lancer de nouveaux produits ou dynamiser des produits existants, permettant de partager les coûts d’une campagne publicitaire tout en accroissant son efficacité" ? Les jeunes répondent bimarque, fusiomarquage, allimarque. Et la politique commerciale qui consiste à lancer un produit nouveau à un prix élevé ? Pro-d’or, proluxe, l’extrême.

À la quatrième question, ils sont devenus prolixes. En présentant en une dizaine de lignes leur propre projet de création d’entreprise ou un projet déjà réalisé auquel ils auraient aimé participer, ils se sont révélés. Leur but : aider les autres. Resto du Cœur, soutien aux exclus, club de rencontres par le biais du sport et des loisirs, réalisation des rêves des enfants malades, refuge pour animaux, aide aux devoirs. D’autres se font plaisir : créer un magasin de "fringues" pour jeunes, monter une comédie musicale, une boîte de nuit, etc.

Leur professeur corrigera les copies et en sélectionnera cinq pour le jury régional. Résultats à partir de fin avril et, pour les meilleurs, le 19 octobre à Paris. Good luck.

Amie-Marie DUFEU.

Né dans l’académie

" Le Mot d’Or" est né en 1988 dans l’académie d’Orléans-Tours. Il regroupe désormais la Coupe francophone des affaires et la Coupe du français des affai­res (pour les candidats francisants), et touche 35 pays et DOM-TOM et 16 académies métropolitaines.

Les objectifs sont de promouvoir le français des affaires, de développer une pédagogie du mot nouveau et du savoir entreprendre. Le ministère de l’Éducation nationale est associé dans cette opération aux ministères de l’Économie et du Budget.

Parmi les 278 étudiants qui participaient à cette édition du "Mot d'Or", seuls les meilleurs iront à Paris

 (La République du Centre, 22 mars 1995)

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